Pascal LAURENCE : entreprendre sur la durée, loin des apparences
- 4 mars
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Dernière mise à jour : il y a 1 jour
On associe souvent la longévité entrepreneuriale à une forme de maîtrise tranquille. Vingt ans d’expérience, une entreprise installée, une équipe en place… Comme si le chemin devenait plus simple avec le temps. Le parcours de Pascal Laurence raconte une autre réalité.
Dirigeant de Raison Home en Touraine et dans le Loir-et-Cher depuis 2003, Pascal est l’un des plus anciens franchisés du réseau. Son entreprise est spécialisée dans l’agencement intérieur sur mesure, cuisines, salles de bain, dressings, mobilier bois, avec une approche singulière : tout se conçoit à domicile, au plus près des clients. Une immersion qui permet une lecture fine des espaces, des usages et des attentes, renforcée aujourd’hui par la réalité virtuelle.
Avant l’entrepreneuriat, Pascal évolue pendant douze ans dans le secteur de l’aménagement intérieur en B2B. Lorsqu’il découvre le concept Raison Home, encore émergent, il y voit l’opportunité d’entreprendre sans partir de zéro. La franchise lui offre un cadre, un savoir-faire, et un réseau, des appuis précieux, mais pas une garantie contre les tempêtes.
Car même après deux décennies, rien n’est jamais acquis. Début 2024, le bilan tombe : négatif. Une situation déjà fragile, aggravée par la reprise d’une société déficitaire et de son passif. Le choc est autant financier que psychologique. « Travailler et devoir remettre de l’argent dans son entreprise, c’est très dur à encaisser », confie-t-il. Pour la seconde fois de son parcours, la question de l’arrêt se pose.
Comme souvent chez les dirigeants, la réponse passe par les chiffres. Poser les faits, sans émotion. La situation est tendue, mais redressable. À condition d’agir. Pascal relance la prospection, réinvestit dans la formation commerciale et métier, remobilise ses équipes. Les résultats ne sont pas immédiats. Il faut accepter le temps de latence, l’inconfort, l’incertitude. Six mois plus tard, les indicateurs s’améliorent progressivement.
Avec le recul, les décisions les plus douloureuses concernent rarement la stratégie, mais l’humain. Recruter par urgence, recruter par défaut, ou croire qu’une relation préalable suffit à sécuriser un recrutement. « Aujourd’hui, je préfère attendre plutôt que de refaire ces erreurs », explique-t-il.
Le quotidien reste exigeant. Dans une petite structure, Pascal est encore très présent dans l’opérationnel, générant près de la moitié du chiffre d’affaires tout en assumant son rôle de dirigeant. Déléguer, structurer, dégager du temps managérial est un chantier permanent. Le stress, lui, se manifeste par de l’irritabilité, du repli, des nuits courtes. Des signaux qu’il a appris à reconnaître, sans toujours réussir à les anticiper.
Ce qui l’aide à tenir : le soutien de sa femme, celui du réseau de franchise, et la capacité à demander de l’aide. Coach, formations, échanges avec d’autres dirigeants. « Ne jamais rester seul » est devenu un principe.
Mais ce qui donne le plus de sens à son parcours, ce sont les personnes. Son équipe qu’il a recrutée, formée, accompagnée parfois dès l’apprentissage, et qui est restée. Une équipe qu’il décrit comme une deuxième famille, construite autour de valeurs d’exigence, d’engagement et de respect.
La force de Pascal Laurence n’est pas dans une invulnérabilité de façade. Elle réside dans sa persévérance, parfois jusqu’à l’erreur, et dans une empathie qu’il apprend encore à doser. Son parcours rappelle une vérité souvent tue : entreprendre sur la durée n’est pas une ligne droite. C’est une succession d’ajustements, de doutes, de décisions inconfortables et de liens humains qui donnent envie de continuer.


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